Lundi 23 Janvier : Cochrane à "quelque part" dans un refuge avant Tortel
Une Journée Authentique !
Tard dans la matinée, nous quittons Cochrane. En effet, nous devions obtenir quelques renseignements avant de nous enfoncer plus au sud : horaires de bateaux, kilomètres restants à accomplir avant Villa O'Higgins. Jean Michel, lui, passe deux bonnes heures pour saisir nos écrits sur notre blog ; pour l'écriture, nous nous relayons à tour de rôle. Mais nous nous apercevons rapidement que, dans ce grand sud, ces notions deviennent relatives et qu'il nous faudra donc nous adapter !
Une longue montée où souffle un vent violent de face nous rappelle vite que notre périple est loin d'être terminé. Durant quatre heures et demi nous peinerons contre ces rafales de vents bien plus obstinées que nous, sur une piste caillouteuse sans espoir de repos ! Seule la beauté des eaux "bleu roy soutenu" du lac que nous longeons sur notre gauche viendra soulager notre peine. La route longe le lac ; nous avons la montagne sur notre droite et au loin les cimes enneigées. Merveilleux.
Nous arrivons ensuite sur un plateau qu'aucun cour d'eau ne traverse. René, parti avec une réserve d'eau trop limitée, souffre de la soif ; nous répartissons nos réserves pour qu'il puisse boire. Nous n'irons pas très loin dans ces conditions ; il est bientôt 18h ; nous avons déjà bien roulé ; ils nous faut improviser un camp pour la nuit. Au bas d'une descente vertigineuse apparaît un petit vallon et au centre sa rivière. René, assoiffé, se précipite pour remplir ses gourdes. Nous le réprimandons car la violence du débit pourrait l'emporter. Il ne nous écoute pas (têtu comme un breton de Marseille !) et dans de l'eau jusqu'aux genoux, il abreuve sa soif.
Un panneau de bois attire notre attention : "REFUGE 3,5 Km". Un petit sentier s'enfonce dans des bois. Un rapide calcul de notre situation nous incite à suivre ce sentier. Nous passons de l'enfer au paradis. Vaches, veaux, chevaux et oies locales nous regardent passer dans une quiétude qui nous apaise. Peu de passage dans cette région ! Quel bonheur... Le vent est tombé. Une dernière bosse et nous descendons maintenant sur un coteau verdoyant avec, derrière son enclos de bois, une ferme.
Sa propriétaire vient vers nous et nous demande si nous cherchons l'hospitalité. Nous lui parlons du refuge indiqué plus bas; elle semble ravie de nous montrer une petite maisonnette en contre bas. L'aménagement de cette demeure est sommaire, mais ô combien bienvenue après cette longue journée. Seul un poêle à bois avec sa réserve trône au milieu. Voici tout ce que nous avions besoin ! Nous aurons chaud ce soir sans avoir à monter nos tentes ! Ce lieu est magique, la verdure de ces coteaux descendants sur la rivière en fait un havre de paix et de calme. Fred, comme à son habitude, mitraille les lieux de son appareil photos et "hurle" son traditionnel "c'est énorme" ! Mais même ce mot n'étant pas assez puissant pour décrire ce que nous ressentons ; il nous éblouira d'un "c'est ènormosaure!" suivi d'un "radical énormosaure" de Jean Michel. Les glaciers qui nous entourent apportent une atmosphère encore plus irreelle.
René découvre des griottes rouges, mais acides bien sur. C'est décidé : ce soir au dessert compote de cerises cuites sur le four à bois. Richard sans comprendre ce qui lui arrive se retrouvera avec une casserole dans les mains et une mission : la remplir de griottes ! Il est heureux et ça se voit. René, gourmand, a déjà trouvé du sucre, il ne manque plus rien pour ce dessert improvisé.
Jean Michel, notre négociateur, est chargé d'essayer d'améliorer notre repas du soir en essayant d'acheter quelques produits frais de la ferme.
Il reviendra avec une surprise : une invitation à la table de ces braves gens.
Nous faisons la connaissance de Nelson, le fermier, de son épouse et de leur fille Daria en vacances scolaires. Leur maison nous rappelle celles de nos grands-parents ; nous faisons un retour de 50 ans dans le passé. Une merveille ! Les souvenirs remontent... Nous échangeons facilement avec Nelson, prolixe et intéressé. Une "cervesa" viendra en guise d'apéritif bien mérité. Un repas de roi nous sera offert par ces personnes qui possèdent ce qu'ils produisent ; tout vient du jardin. Naturalité, goût et amour de la production. Nous ferons plus que de nous en contenter ! Le lait frais de vache sera la cerise sur le gâteau, accompagné d'une marmelade de calafaté, petit fruit local tout bonnement succulent. Nous passons là auprès de ces gens simples mais ô combien généreux ; sûrement l'une de nos meilleures soirées au Chili.
La barrière du langage, propice aux quiproquos, nous entrainera dans des fous-rires tard dans la soirée. Grâce au iPad de Fred, nous leur montrerons des photos de la Polynésie. Leur fille fera comprendre à ses parents combien elle aimerait y venir ! Ils sont d'accord pour nous préparer pain frais et café demain matin à 7h.
Nous regagnerons notre cabane chaude pour une nuit de sommeil étoilé. La compote, oubliée sur le feu, a débordé. Ce n'est pas grave, elle améliorera notre petit déjeuner du matin.
La vie est belle ainsi... "Une sorte de vie à l'état pur" dira Richard.
Traversée de la Patagonie : 2.300 km avec VTT en 3 semaines. 1er départ de Valparaiso (Chili), puis de Puerto Montt (Chili) à Ushuaia (Argentine). Dates : du 13 janvier au 4 février 2012
Après la traversée des Etats Unis (Coast to Coast USA) en octobre 2010
Après la traversée des Etats Unis (Coast to Coast USA - 4.800 km) en octobre 2010,
Jean Michel MONOT (Tahiti) repart pour une nouvelle aventure
mais accompagné cette fois-ci de quatre compagnons d’échappée
René SABATIER (Tahiti) - Richard MARTIN (France) - Frédéric FOUCHER (Moorea) - Jean-Pierre LE LOCH (Tahiti)
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On vous suit... Bon courage à tous.
RépondreSupprimerDe la part de Brice Cabibel et de toute l'équipe de la SPEA
Salut 'Pa!
RépondreSupprimerVraiment chouettes vos photos, ça fait rêver...
J'ai bien eu ton message ce matin, t'inquiètes pas je suis votre blog tous les jours. L'ambiance a l'air bonne, que dire des paysages...
Bon courage à toute la fine équipe pour la suite de l'aventure, j'espère quand même que vous finirez par trouver un bateau! (vous allez passer le cap Horn finalement?)
Bise, Loïc