Après la traversée des Etats Unis (Coast to Coast USA) en octobre 2010

Après la traversée des Etats Unis (Coast to Coast USA - 4.800 km) en octobre 2010,

Jean Michel MONOT (Tahiti) repart pour une nouvelle aventure

mais accompagné cette fois-ci de quatre compagnons d’échappée

René SABATIER (Tahiti) - Richard MARTIN (France) - Frédéric FOUCHER (Moorea) - Jean-Pierre LE LOCH (Tahiti)

jeudi 19 janvier 2012

Jour de Chance (16 janvier)

Lundi 16 janvier : HORNOPIREN - CHAILTEN la ville engloutie

7 heures du matin. Hornopiren petit village de Patagonie encastré contre la montagne avec les pieds dans l'eau. Nous sortons de notre "Cabanas" où nous avons pu dormir tous les quatre dans une petite chambrette.

Petite anecdote sympathique : n'ayant pas trouver un signal correct Internet durant une bonne partie de la soirée, c'est assis dans une station d'essence à minuit passé que nous avons pu enfin avoir un accès wifi. Chacun a pu appeler sa famille via Skype et rassurer tout le monde, surtout sur l'accident qu'ont connu Jean Pierre et Marc ; ils vont bien et là est l'essentiel. Ils vont devoir, comme la loi chilienne l'oblige, passer devant un juge, retrouver un véhicule de rechange et tenter de nous rejoindre dans les 3 jours avec les aléas possibles des traversées de bras de mer et lacs... Durant tous ces jours, nous allons devoir transporter toutes nos affaires dans nos carrioles (Jean Michel, René et Richard) et sacoches (Fred) ; le poids est bien supérieur à ce que nous avions envisagé dans nos prévisions : avec le poids de la carriole, nous dépassons les 35 kilos ! Imaginez pousser ou tirer un caddy plein sur une piste avec des cailloux et du sable !!! Mais nous n'avons pas le choix...

Nous aurons dormi environ 6 heures. La journée s'annonce spéciale. Nous quittons notre logement vers 9h15 pour tenter de prendre le bateau qui va nous mener, après 4h30 de traversée, à Vodudabue. Après une réparation du vélo de Jean-Michel (la patte tenant la carriole est très fragilisée), nous arrivons au port après 10 minutes. Un attroupement : trois motards, une dizaine de véhicules, des jeunes avec sacs à dos attendent patiemment. Notre arrivée avec les carrioles et nos fanions suscite la curiosité. Nous nous dirigeons immédiatement vers celui qui semble être le "passeur" (!). Aussitôt, il nous demande si nous avons des tickets... Rien évidemment, ne pouvant prévoir à l'avance à quelle date nous serons à tel endroit. Impossible d'acheter des tickets. La pression monte ! Les voitures et motos s'engagent sur le petit ferry. Les motos sont mises en biais car le bateau est full... Le passeur nous fait signe que c'est impossible. Entre temps, un jeune homme nous indique qu'il attend depuis 6 jours !!! Les "3 mousquetaires" demandent au 4ème (Jean Michel) de renégocier. La pression est à son comble. Il va tout d'abord expliquer au passeur qu'il est indispensable qu'ils traversent maintenant afin d'atteindre leur objectif dans les délais. Pas de place ! Jean Michel décide alors de monter à bord du ferry et constate qu'il est possible, en démontant les carrioles et vélos, de tout rentrer. Toujours rien. Il décide alors en dernier recours d'aller parler au Capitaine du bateau. Celui-ci, fort sympathique, regarde les trois "frances" qui, en haut du quai, maintiennent les 4 VTT, prêts à  bondir. Jean Michel lui explique une fois encore la possibilité de tout démonter... Il accepte ENFIN ! En 5 secondes, les hommes et le matériel sont acheminés, démontés, entassés... Les passagers, amusés par la scène, vont nous aider à mettre les vélos sur le pont supérieur. Ouf ! Le navire quitte Hornopiren avec le Team Patagonia !













Cette première traversée va s'avérer très intéressante : un jeune chilien de 24 ans, Nicolas, parlant anglais, vient nous aborder. Il possède lui aussi un VTT et s'attaque à la Patagonie ; il nous permet de bien comprendre le parcours qui nous attend. Arrivés à Vodudabue, il y a 10 kms de piste pour atteindre Fjordo Largo où un 2nd ferry attend les passagers pour 45 minutes de transfert jusqu'à la Caleta Gonzalo. La problématique est que le 2nd bateau part 30 minutes après l'arrivée du 1er ! Impossible évidemment avec notre cargaison d'atteindre le transfert... Alors une formidable solidarité va s'exercer : avec l'aide du contrôleur du navire (il va contacter les propriétaires des différents véhicules), nous allons pouvoir mettre nos vélos et carrioles sur deux véhicules et nos personnes dans 2 autres... Ainsi, grâce à Andrès et Isabel, à Fernando un colombien et son épouse et à un sympathique chilien, nous effectuerons ces 10 kms, ô combien importants pour ne pas perdre une journée, dans les délais.



Nous en profitons pour discuter et apprenons que cette région ne possède pas de piste complète car elle a été achetée par un milliardaire américain (marque North Face) qui souhaite maintenir la nature dans l'état, sans accès autre que par navigation. Les motos dérapent sur cette piste piégeuse et poussièreuse. Nous aidons l'un d'entre eux à remettre debout sa "Valderado". Nous apprenons également que, quelques jours auparavant, deux brésiliens à vélo ne sont pas parvenus à rejoindre les 45 kms menant à la Caleta Gonzalo, car littéralement "mangés" par des nuées de "Tavanos", ces taons agressifs qui sucent le sang ! Durant les 45 minutes de la 2nde traversée, nos transporteurs nous proposent de continuer à nous amener à Chailtèn, notre objectif. Nous nous consultons tous les 4 et concluons qu'il serait dommage d'interrompre ce périple pour 45 "petits kms" et surtout des blessures stupides. Nous acceptons donc leur proposition.

Durant ce parcours, nous découvrons une nature déchirée. L'éruption récente d'un volcan (2008) a dévasté forêts et précipité des tonnes de rochers dans les rivières. En Patagonie, sur les 200 volcans qu'elle comporte, 20 sont encore en activité ! A une dizaine de kms de Chailtèn, nous en apercevons un qui fume. Impressionnant.




Arrivés à Chailtèn, cette ville qui comportait 4.500 habitants en 200! et désormais environ 600, nous remontons nos "montures". Tous les hôtels sont pleins ; nous sillonnons toutes les routes de cette petite ville où les maisons sinistrées sont marquées d'un point rouge et d'un panneau. Nous recherchons coûte que coûte un endroit qui possède Internet. On nous indique un square : rien. Après moultes discussions avec la population, nous finissons par trouver à nouveau un petit restaurant qui nous met à disposition une petite "cabana" où nous dormirons à nouveau entassés tous les 4 dans une petite pièce avec tout notre matériel pour éviter toute surprise. Et là, ô bonheur, il y a (enfin !) un wifi qui fonctionne ! Cet endroit est surnommé PAP.






Incroyable journée, qui aurait pu s'avérer compliquée et bloquante. Grâce à la gentillesse d'un Capitaine de ferry, la solidarité des touristes et locaux, nous serons parvenus à destination, certes sans véritablement rouler, mais soulagés d'être passés dans cette zone investée de Tavanos ! A titre d'information, sachez que ces gentilles bébettes ne sont présentes qu'en janvier et parfois février...

Seule petite ombre au tableau du jour : nos matériels et surtout vélos ont souffert du transport.

Vers 1 heure du matin, nous nous endormons, au pied d'un volcan en activité et qui fume comme pour nous rappeler que Dame Nature reprend toujours ses droits...
Demain, une grosse journée de piste nous attend. Hasta luego !


1 commentaire:

  1. En fin de compte, beaucoup de surprises pour un voyage aussi bien préparé, mais que cela n'entame pas le moral de la troupe et bonne continuation, la voiture arrive et j'espère que certains soucis seront réglés.
    Pensez à ceux restés dans leur fauteuil et qui ne peuvent vivre ce que vous vivez. Bon courage

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