Mercredi 19 janvier : La Junta à Parc National de Queulat.
Départ matinal toujours très difficile, et c'est avec une heure de retard que nous entamons la journée suite à de longs réglages de nos vélos. Mais l’ambiance est au top avec le team au grand complet pour la première fois. La présence de Jean Pierre et de son pick-up nous rend cependant plus serein. Entre deux ascensions en randonnée ou séances de rafting, il transportera une partie de notre matos et saura nous trouver un endroit ou poser notre tente.
Les campings et lodges ne sont pas légion dans cette région et souvent espacés de plusieurs dizaines de km ! Les quelques touristes auront vite saturé les places vacantes. Envisager de rouler 30 km de plus en fin de journée par faute de place n'est pas une bonne nouvelle.
Premiers tours de roue pour Marc qui découvre avec nous une piste plutôt roulante comparée aux jours précédents. Affuté après son triathlon de Phuket, sa carriole danse la gigue dans les descentes tandis que les rares cotes sont avalées avec aisance ; les voitures se font de plus en plus rares. Le soleil peine à percer la fine couche nuageuse. Un temps idéal pour rouler, d’autant plus que la piste est plus facile que les trois jours précédents.
Un couple d'Autrichiens à vélo remontant de Ushuaia nous fournit quelques précieux tuyaux pour les jours a venir.
Une petite auberge, en plein milieu de « nulle part », nous offre un déjeuner dans un écrin de verdure. Sertie entre lacs et montagnes, il y règne une sensation de plénitude inconnue jusque là. Le silence est un luxe qui ici ruisselle de toutes les montagnes. Les serveuses sont rustiques, à l'image du pays, mais la plâtrée de « pâtes au pistou » est digne des meilleures tables de la Canebière (spéciale dédicace à René).
La reprise fut difficile, malgré les sucres lents ingurgités qui nous ont quand même permis de rattraper une cycliste Flamande, partie de Los Angeles un an plus tôt. René a même glané des renseignements sur les vélos hollandais dont il est soudain devenu friand et adepte (pour les spécialistes, son guidon est plus haut que sa selle !).
Nous la retrouverons au pied du Lac dans le charmant village de Puyuhuapi où pour la cinquième fois Richard s'offre une chute a l'arrêt, à cause de ses pédales automatiques ; heureusement pas de bobos.
La descente le long du lac fut un régal pour les yeux et c’est avec soulagement que Jean Pierre nous annonce la présence d’un lodge à moins de 5 km.
Encore un endroit magique dont la Patagonie a le secret ; retiré du monde dans un univers de montagnes, de lacs et de glaciers suspendus aux reflets vert émeraude.
Quant à l’accueil, il est identique à ce que nous avons trouvé depuis notre départ : une gentillesse et une courtoisie propres aux Chiliens…
Nous retrouvons Jean Pierre dans la rivière jouxtant notre maisonnette, se baignant dans une eau à 12 degrés, bientôt rejoint par René. Dîner autour d’une belle table avec truites saumonées de la rivière, fruits et légumes du potager et chardonnay 2004 chilien « à tomber par terre ».

Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire