Après la traversée des Etats Unis (Coast to Coast USA) en octobre 2010

Après la traversée des Etats Unis (Coast to Coast USA - 4.800 km) en octobre 2010,

Jean Michel MONOT (Tahiti) repart pour une nouvelle aventure

mais accompagné cette fois-ci de quatre compagnons d’échappée

René SABATIER (Tahiti) - Richard MARTIN (France) - Frédéric FOUCHER (Moorea) - Jean-Pierre LE LOCH (Tahiti)

vendredi 20 janvier 2012

Le matériel souffre... Les hommes aussi. (17 janvier)


Mardi 17 janvier: Chaitèn à Villa Santa Lucia 

Après  une nuit encore trop courte, nous sortons de notre « cabanas » prévue pour deux personnes où nous avons entassé nos vélos et carrioles ! Nous traversons une dernière fois cette ville engloutie par les cendres avec en toile de fond ce volcan  menaçant   qui  nous semble fumer plus fort qu'à notre arrivée !
Nous essayons, sans trop y croire, de trouver un petit déjeuner avant de prendre la route. Les deux épiceries aperçues la veille sont fermées. Sur le point d'abandonner, nous découvrons une troisième " mini supérette" et son sympathique propriétaire qui comprenant notre désarroi  nous proposera un café chaud salvateur. C'est aussi cela l'hospitalité  au Chili. Imaginez prendre votre petit-déjeuner dans un magasin d’alimentation ! Avec pour table, le congélateur !
Sur le pas de la porte, nous tenons à conserver un souvenir photographique de ce super moment improvisé,  mais un "bonjour en Français'" attire notre attention : il s'agit de Patrick Leroy, un "Back packer" qui voyage depuis 7 mois et qui, au vu de ses projets, n'est pas près de prendre le chemin du retour. Il déclare être de Plouescat où Jean Michel a de nombreux souvenirs et c'est toute la Bretagne qui est à l'honneur dans ce petit matin du sud chilien.


Il est temps de laisser toutes ces remarquables rencontres de voyage et de prendre la route. 
Un plaisir, car les premiers 30 kms de la journée sont goudronnés, résultat de l’aide du pays suite à l’éruption de 2008. Le temps est ensoleillé, les glaciers qui nous entourent brillent de mille feux. Mais, un ennemi impitoyable nous guette : les tavanos ! Encore eux, avec leurs piqûres douloureuses. Rien n’y fait : nous agitons nos bras, risquant la chute ; ils s'infiltrent sous nos lunettes, piquent nos jambes nues, nos maillots. Fred, n’y tenant plus, se sert du couvercle de son « désormais célèbre » tonneau (nous devons le transporter en attendant de revoir Jean-Pierre et son véhicule !) pour repousser l'ennemi ; il améliore ainsi sont revers. Nous rions de le voir s'agiter tel un fou !  



Le macadam laisse la place à une route en construction. Ces travaux nous laissent présager l'avenir de cette Carretera Australe où les lois du désenclavement goudronneront toujours plus de kms !! Peut être faisons nous partie des derniers voyageurs à connaître une telle route sauvage.

Les galets répandus freinent notre progression ; la poussière, entraînée par les véhicules que nous croisons, nous aveugle. Nous serons arrêtés par des ouvriers de l'Equipement qui dynamitent plus haut des rochers encombrants. Nous profitons de ces 30 minutes d'arrêt forcé pour faire le point sur notre carte.



Voici des heures que nous forçons dans la poussière et le petit hameau de Puerto Gardenas nous offre un repos et un repas bien mérité !  Nous stoppons sur la rive du lac ou par chance un tuyau d'eau fraiche coule. Décor féérique. Le matériel de camping et le réchaud de montagne de Fred nous permettront de manger une soupe de pâtes reconstituante.
Nous reprenons la route, mais le matériel souffre terriblement sur cette route cassante. La carriole de René tangue subitement. Un rapide diagnostic confirmera nos doutes : un axe de roue vient de se tordre ! La tuile. Heureusement, l’ingéniosité de René et Richard permettront une réparation de fortune ; nous voilà prêt à repartir, mais René constate que ses drapeaux ne sont plus accrochés avec leur mat. Bien sûr, cela n'empêchera pas de rouler mais il est ennuyé par la perte de la symbolique que représentent ces fanions que nous voulons amener jusqu'au bout ! Jean Michel arrête une voiture et explique ce petit problème. Quelques minutes après, le véhicule revient avec nos drapeaux retrouvés !! Quel dévouement…



Quelques kilomètres plus loin, c'est au tour de Jean Michel de casser son attache de carriole. Heureusement les « Mick Gaver » sont à pied d’œuvre et à nouveau vont trouver la solution : c'est finalement avec un boulon démonté sur le guidon qu'une réparation  de fortune permettra de continuer.
Nous sommes assoiffés par tant d'efforts et nous remplissons nos gourdes à l'eau des rivières que nous croisons.


D'après nos calculs, nous devrions trouver la petite commune de Santa Lucia dans environ une dizaine de kms, but de cette étape. Mais une surprise nous attend : un col terrible protège en fait ce village et il nous faudra 2 heures supplémentaires d'efforts pour atteindre le sommet, avec des passages à plus de 10%. Fred en pleine forme et sans carriole part en éclaireur pour tenter de nous trouver un hébergement pour la soirée. Richard est à la peine, mais avec un moral d'acier parvient à franchir ces "murs" en poussant vélo et carriole de plus de 35 kg. Il est aussi raisonnable, car avec l'opération qu'il a subi, pas question de forcer outre mesure. Jean-Michel souffre également, subissant une fringale. René le soulage en prenant son lourd sac à dos (10 kg) qui contient l'ordinateur et tout le matériel vidéo. Quelle santé notre René (Il dédit d'ailleurs cette étape à son frère Gilbert qui fête ses 65 printemps ce jour) ! Au col, l'altimètre de Richard nous indique un dénivelé positif de 2600 mètres rien que pour la journée d’aujourd’hui.



Arrivés vers 20h, nous parvenons à acheter quelques nourritures dans une petite épicerie du village, mais ils nous faudra pédaler 3 à 4 kms encore pour trouver un camping… Magnifique ! Il est situé au bord d’une rivière qui descend tout droit des glaciers. La nuit arrive, Richard et René montent les tentes pendant que Fred et Jean Michel improvisent un feu de bois qui cuira nos pâtes. C’est sous l’éclairage de leds que nous dînons ; véritable repas gastronomique de camping avec apéritif, entrée, plat et dessert !
Après une tentative de toilette dans une eau de rivière glaciale, nous regagnons nos abris transit de froid, pour un repos bien mérité.
Nous avançons, durement mais sûrement, au milieu d'un décor surprenant, sur des pistes poussiéreuses et vibrantes qui maltraitent nos VTT, avec nos lourdes affaires. Le moral est toujours au beau fixe et là est bien l'essentiel !

3 commentaires:

  1. coucou papa c'est Paul
    je voulais te dire que je suis fier de toi et pierre aussi et je suis chez dany.
    je t aime de la part de moi et de pierre

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  2. Tous mes modestes encouragements à vous tous, hommes de volonté qui avez préféré vivre vos rêves plutôt que de rêver votre vie!
    je vous envoie plein d'énergie pour alléger vos poids et vous couvrir de lumière.
    Bises particulières à Jean-Mi et rené que je ne reverrai pas de si tôt, mais nous garderons le contact.
    Je vous embrasse et vous souhaite le meilleur dans cette belle aventure!

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  3. A la lecture du récit je suis certain que mes bravos d'encouragement vous seront utiles à poursuive.
    Je m'en veux de n'avoir point saisi plus tôt le manche de mon clavier pour ce faire.
    Comme Dany , bien que n'étant ni le père ni le fils d'aucun d'entre vous je suis fier de communier avec des "FOUS" impliqués comme vous.
    Il me semble que le régime alimentaire soit plus frugal en comparaison de celui de l'an passé. J'espère pourtant bientôt voir et lire l' anecdote d'un réconfortant détour, je rappelle à Jean Michel que certains allemands se ravitaillent à la bière durant le parcours.
    val pas réseau ouch où aïe ah.
    Hardi les gars, on pousse avec vous.
    François alias Pajon

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