Après la traversée des Etats Unis (Coast to Coast USA) en octobre 2010

Après la traversée des Etats Unis (Coast to Coast USA - 4.800 km) en octobre 2010,

Jean Michel MONOT (Tahiti) repart pour une nouvelle aventure

mais accompagné cette fois-ci de quatre compagnons d’échappée

René SABATIER (Tahiti) - Richard MARTIN (France) - Frédéric FOUCHER (Moorea) - Jean-Pierre LE LOCH (Tahiti)

mardi 17 janvier 2012

Patagonie : nous voilà ! (15 janvier)

Dimanche 15 janvier : PUERTO MONTT - HORNOPIREN

Maussade est le mot qui convient pour définir notre moral et le climat de Puerto Montt. En effet, un dernier appel de Marc nous informe de sa décision d'abandonner car, suite à l'accident de voiture, il souffre de ses côtes traumatisées. Jean-Pierre a décidé de continuer et, après négociation avec le loueur de véhicule, il nous rejoindra dans les jours prochains.
Mais il nous faut réagir et vider le bus rapidement de nos encombrants matériels, puis remonter nos VTT et enfin retrouver des sensations à pédaler. 
Nous y sommes !



D'abord l'asphalte, qui nous rend euphoriques avec des paysages dignes de la Bretagne : hortensias, marée basse, chaloupes sur le sable, rochers et parcs à poissons... On est bien ! Mais ce départ n'est pas aussi plat que prévu. Les trente premiers kilomètres sont plus que vallonnés : des côtes à plus de 10% nous ramènent à la réalité !




Puis, après 30 kms, sous nos pneus, apparaît LA "Carretera Austral" authentique ; celle façonnée par des milliers d'ouvriers chiliens sous les ordres du dictateur Pinochet... Faite d'un mélange de cailloux ancrés dans une terre grise et atone qui, avec la sécheresse actuelle, occasionne des envolées de poussière à chaque passage de véhicules. Un "régal" !

Après 3h30 d'effort, nous atteignons le premier passage de bac. Séquence émotions : là, devant nos fourches, au delà du lac aux eaux paisibles, se dessinent une enfilade de sommets où l'on devine et imagine la Patagonie, la Terre de Feu, le Cap Horn et l'Antarctique...
Nous embarquons sur le ferry local, dans une ambiance après avoir goûté les "empenadas" locales ! 



A une encablure du rivage, on commence à déchanter au vu de la côte qui nous attend, et les heures à venir vont s'avérer redoutables pour nos machines et nos organismes : une succession de montées plutôt que de descentes, sur une piste cassante jonchée de cailloux ronds ou tranchants, parfois posés sur un lit de gravas sableux qui nous obligent à jouer les équilibristes. Les chutes sont nombreuses, heureusement sans gravité car à faible vitesse. La terrible impression de faire du "sur-place" tout en dépensant une énergie incroyable. La sensation de traîner des boulets en guise de carrioles. Il faut dire qu'elles pèsent entre 25 et 30 kilos, soit plus que ce que nous avions prévu par le fait que Jean-Pierre et son véhicule d'assistance sont absents.




Déjà, côté matériel, les premiers signes de fatigue apparaissent avec une vis de fixation tordue sur la remorque de Jean-Mi. L'occasion de tester nos pauvres connaissances en mécanique mais surtout notre "french bricolage touch" ! 20 minutes de mécanique "intense" aux accents marseillais, bourguignon et ventrachoux (!) tandis que le breton chassait le "Tavanos", terrible taon local, agressif et douloureux à la piqure... 

 

Et nous voilà chevauchant à nouveau nos montures pour 15 kms de rodéo supplémentaire. Harassés et rompus, nous débouchons dans Hornopiren tels des cow-boys empoussiérés par de longues heures de selle. Les rares bâtisses en bois qui composent ce village et cette sensation de conquête du grand sud nous font penser au far-West ; et comme dans tout western qui se respecte, nous pénétrons dans le seul "Saloon" de la place pour nous abreuver et nous rassasier !


Demain, lundi, nous allons tenter de prendre les ferrys et bacs pour nous rapprocher de Chailtèn...

Bonne nuit !

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