Mardi 24 janvier : du "Refugio" à Tortel, le village lacustre.
Il était une fois quatre garçons dans le vent (mais sans les cheveux, surtout pour Fred !).


Réveil à 6h30 dans notre refuge. René s'empresse de rallumer le poële à bois, la température étant aux alentours des 10°. Le soleil pointe ses premiers rayons sur une cime enneigée. Après un débarbouillage à l'eau fraîche, chacun passe sa tenue du jour (de cycliste en l'occurrence) puis se dirige vers la petite ferme. Les chiens, les poules, les oies, le lapin puis le chat Xavi nous accueillent ; Nelson est déjà levé, prêt à aller à la traite des vaches. Son épouse a mis sa tenue verte de cuisinière et nous prépare les pains frais et les empeladas dans lesquels nous mettrons leurs merveilleuses confitures faites maison. Nous profitons de ces derniers instants de pause-café car nous savons que la journée sera longue pour rejoindre Tortel, un village typique construit au bord d'un fjord sur pilotis et passerelles en bois. Cela nous demandera une rallonge de 22 kms, mais impossible de ne pas venir visiter cette originalité...


A 8h30, nous quittons le refuge et leurs admirables propriétaires qui nous saluent, timbales de lait frais en main. Après 3,5 kms de sous-bois, nous reprenons la piste, la fameuse Carretera Austral, direction plein Sud. Un invité est venu participé à notre fête : le vent. Mais c'est celui du Sud, donc de face pour nous. Il va ainsi nous assécher et nous éreinter toute la journée. Le parcours est similaire à celui de la veille : bosses raides suivies de descentes tout aussi techniques sur une piste caillouteuses et parfois sableuse. Fred et Jean Michel, affublés des carrioles et des sacoches, donnent le rythme. Les 10 premiers jours de raid les ont mis en forme ; ils tractent près de 25 kilos. Richard a lui aussi de bonnes jambes ; il s'arrête tous les 2 à 3 kilomètres pour prendre des photos.

Il est vrai que les sommets enneigés sont majestueux. Malheureusement, à un moment, son appareil va chuter et briser son écran de contrôle ; qu'à cela ne tienne : notre Ritchy va continuer à mitrailler... Par contre, René montre des signes de fatigue ; il mouline beaucoup et doit "se donner" dans les montées. Sans doute les conséquences de la journée d'hier où il a manqué d'eau.

Vers 12h30, un petit abri tombe à pic ; dans cette région, les habitations sont rares. Il va donc servir de "restaurant" pour le déjeuner. Fred a sorti son réchaud et nous prépare des soupes avec pâtes. Richard règle son vélo pour limiter les frottements ; le sol renvoie des vibrations terribles qui maltraitent nos VTT. Mais nous surveillons aussi ses éventuels maux de tête qui pourraient compromettre son avancée ; il nous rassure. La machine va bien : il pourra peut etre reprendre la course à pied (jusqu'alors déconseillée) et envisager un triathlon !... René est en récup : il s'est allongé et tente de faire une petite sieste. A l'abri, le soleil nous réchauffe. Depuis notre arrivée, il nous a toujours accompagné ; nous sommes vraiment chanceux.




Après une heure d'arrêt, nous repartons, le ventre plein. Nous avons 40 kms à parcourir, mais ils resteront comme les plus durs depuis notre arrivée, surtout les 20 derniers qui nous mènent à Tortel. La piste est en effet défoncée, instable et en "tôle ondulée". René s'emploie fortement pour continuer ; il n'a plus de jus. C'est au mental qu'il va finir. La rivière s'élargit ; des méandres partent de tous côtés. C'est le signe de notre arrivée proche où les eaux se déversent dans le fjord, trait d'union avec l'Ocean Pacifique. Une dernière montée d'un kilomètre à fort pourcentage et apparaît enfin la cité lacustre : Tortel. Ici tout est bois, les maisons, les passages, les escaliers. Le village est encastré entre la montagne et la mer; impossible de circuler avec nos engins et surtout nos carrioles. Jean Michel dégotte une petite pension de famille "chez Giselle" où ils pourront se poser et surtout prendre une bonne douche chaude, bien méritée. Depuis notre chambrette, nous surplombons la baie où quelques bateaux semblent figés par le temps. Incroyable ingéniosité de l'être humain : les passerelles en bois telles des rues permettent de se déplacer dans tout le village.




Nous décidons de nous faire plaisir pour bien récupérer des efforts fournis : un restaurant nous tend les bras. Nous nous régalerons à nouveau avec l'excellent saumon local et une tarte aux framboises. 10h30 : il est l'heure d'aller se coucher. Demain, nous devons rejoindre Yungay et son transfert bateau après 52 kms de piste dont un col important.
Nous sommes à 130 kms de Cochrane. Il nous reste encore 180 kms pour rejoindre Villa O'Higgins.
Des photos superbes, des visages radieux, que du plaisir à vous suivre!! Bises Mr Ritchy!
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